Gaku soku, la tension juste

Trop de tension ou pas assez de tension, ça n’est pas juste. Alors la tension peut s’apparenter à la tension nerveuse ou musculaire, à la tension émotionnelle ou intentionnelle.

La tension ou bien l’inertie, sanran ou kontin en japonais. gaku soku est très important, évidemment c’est compliqué… parce que gaku soku n’est ni tension ni apathie. Ça, c’est le zazen. Le zazen c’est comme un appendice, un mudra, parce que l’énergie qui va jaillir de gaku soku est l’énergie cosmique fondamentale elle même, fabuleuse, c’est pourquoi je parle d’un mudra. Le mudra c’est subtil, c’est la position par exemple des mains en zazen. Le mudra “ho kai jo in” mudra universel, représente à mon avis ce gaku soku. Sensei m’en a parlé, je me souviens du kusen. Je n’avais rien compris d’ailleurs.

J’étais arrivé trop tard où il y avait trop de monde, je m’étais assis dans le vestiaire à l’étage, la ou je dormais habituellement avec mon ami Myoko. Le samedi, le dojo était plein à craquer donc ce jour là je faisais zazen dans ma chambre à l’étage, derrière, et j’entendais le kusen depuis la mezzanine et sensei parlait de gaku soku, il parlait des mains et moi je serrais les pouces. Tension juste  ! Je serrais énormément les pouces, j’avais énormément de tension. Ça n’était pas la tension juste : ni détendu ni tendu, juste au point d’énergie fabuleuse.

On peut d’ailleurs considérer que le corps entier est un appendice, est un mudra. On peut considérer que nos pouces, la position de nos mains est un mudra, c’est-à-dire , elle exprime la tension juste. Nos mains ne sont ni tendues ni détendues. “Keshari mudra” également est une appendice, le mudra que l’on fait avec la langue, c’est un enseignement secret, même les Japonais ne le connaissent pas, seulement mon maître Deshimaru nous la enseigné : Il y a la langue et la luette ; la position de la langue, bouche, les mâchoires, et en haut le cerveau et la glande pituitaire la langue doit être en gaku soku. La langue la luette et la glande pituitaire doivent former la calligraphie “shin” (l’esprit).

C’est-à-dire que dans le zazen, le corps n’est pas inutile, c’est un instrument spirituel. Très important le corps, la vie c’est très important. Même si vous pratiquez, moi je pratique depuis 40 ans avec beaucoup de motivation, beaucoup de foi, mais en même temps avec mes limites humaines, ma faiblesse humaine. Quoique j’aie mis l’essentiel de ma vie dans la pratique de zazen, je me rends compte que c’est peu ce qu’on a le temps de réaliser dans une vie, en 60 ans, en 80 ans, même en 100 ans c’est peu, très peu. Si vous préférez vous concentrer sur l’ego, les problèmes, sur la personnalité sociale, sur les névroses, vous perdez un temps précieux et vous vous réincarnerez encore des millions de fois à perdre un temps précieux plutôt que de découvrir la liberté.

Comment ça marche  ? Ça n’a rien à voir avec un gourou, ça n’a rien avoir avec une secte, ça n’a rien à voir avec une religion. C’est quelque chose de fabuleux pour les hommes et femmes authentiques. Le corps, c’est très important, c’est beaucoup plus qu’un corps. C’est beaucoup de travail d’obtenir un corps. Donc qu’est-ce que ça veut dire la tension juste, elle se trouve entre la fréquence et la particule. Donc pour contrôler notre corps qui est en même temps fréquence, c’est-à-dire, vibratoire, fréquence invisible, non matérialisée, et également matériel, particule, il se matérialise. Il n’y a pas de particule sans fréquence, il n’y a pas de fréquence sans potentialité de particules.

Donc notre corps, c’est ça, notre vrai corps et fait de l’élément fondamental. Donc ce qu’on veut faire c’est régler le corps dans sa potentialité fréquentielle et, particulière ou particulaire. Gaku soku, c’est entre le vide et la matière. La fréquence et la particule, ça se règle en particulier par les mains et par la langue. C’est-à-dire par la position des mains. La position des mains doit être contrôlée par la conscience ensuite la posture entière devient un mudra.

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